A l’audience du tribunal pour enfants de Cahors statuant en matière criminelle s’est posée la question du discernement du mineur auteur d’infractions pénales.
Point sur cette notion.
Article 122-8 du code pénal
« Les mineurs capables de discernement sont pénalement responsables des crimes, délits ou contraventions dont ils ont été reconnus coupables, en tenant compte de l’atténuation de responsabilité dont ils bénéficient en raison de leur âge, dans des conditions fixées par le code de la justice pénale des mineurs ».
Article L11-1 du code de justice pénale des mineurs :
« Lorsqu’ils sont capables de discernement, les mineurs, au sens de l’article 388 du code civil, sont pénalement responsables des crimes, délits ou contraventions dont ils sont reconnus coupables. Les mineurs de moins de treize ans sont présumés ne pas être capables de discernement. Les mineurs âgés d’au moins treize ans sont présumés être capables de discernement ».
Le discernement des mineurs est un concept clé en droit pénal français, permettant d’établir la responsabilité pénale et déterminer les sanctions applicables.
Cette notion permet de différencier les niveaux de responsabilité et de discernement en fonction de l’âge des mineurs.
En droit français on distingue les mineurs de moins de 13 ans, ceux âgés de 13 à 16 ans, et ceux de 16 à 18 ans.
Le discernement des mineurs de moins de 13 ans
Les mineurs de moins de 13 ans sont généralement considérés comme dépourvus de discernement suffisant pour être tenus pleinement responsables de leurs actes délictueux ou criminels. Cette présomption réfragable[1] de non-discernement découle de l’idée que les jeunes enfants n’ont pas encore développé la capacité de comprendre pleinement la gravité et les conséquences de leurs actions.
Le discernement des mineurs de 13 à 16 ans
Pour les mineurs âgés de 13 à 16 ans, le discernement est présumé exister. Cela signifie que cette présomption peut être renversée lorsque par exemple le mineur est atteint de troubles psychiatriques.
Le discernement des mineurs de 16 à 18 ans
Les mineurs de 16 à 18 ans sont considérés comme ayant un discernement. Comme pour les mineurs âgés de 13 à 16 ans, cette présomption simple peut être renversée.
L’appréciation personnalisée du discernement
Le discernement est évalué au cas par cas. Les juges prennent en compte divers facteurs, la maturité du mineur, son environnement familial et social, et les circonstances spécifiques de l’infraction. Cette approche individualisée permet d’ajuster les réponses pénales aux besoins et à la situation de chaque mineur.
Le discernement des mineurs en droit pénal français est une notion complexe qui prend en compte l’évolution de la capacité de jugement et de compréhension des enfants et des adolescents.
En distinguant les niveaux de responsabilité et les types de sanctions en fonction des tranches d’âge, le droit pénal français vise à protéger les mineurs tout en reconnaissant leur progression vers l’âge adulte et la responsabilité qui en découle.
Cette approche équilibrée permet de conjuguer justice et éducation, avec l’objectif de réintégrer les jeunes délinquants dans la société.
[1] Dont on peut démontrer le contraire